Le Bio dans les régions viticoles

18

Déc

Le Bio dans les régions viticoles

 

Le marché des vins bio : Introduction

Les vins bio n’ont une existence officielle que depuis 2012 suite à un règlement européen. Le terme « vin biologique » décrit un vin qui répond  à un cahier des charges qui impose que le vin soit issu d’un processus de production répondant aux principes de l’agriculture biologique, à la fois dans les vignes (viticulture) et dans les chais (vinification).

On entend par “Bio”, les vins labellisés (AB, Demeter, Ecocert, Biodyvin, Nature et Progrès…), ou qui sont en conversion bio :

  1. Ces vins ne contiennent pas de produits chimiques, tels que pesticides, fongicides, herbicides et arachnicides de synthèse, ni d’OGM…. au contraire de la viticulture traditionnelle.
  2. Les vignerons sont les premières victimes de leurs épandages. Leur travail est de soigner la vigne, et de préférence en préservant leur santé. Il s’agit d’un choix éthique.
  3. L’usage répété de produits tels que pesticides, insecticides, désherbants…finit par appauvrir les sols, les vider de leurs organismes vivants. Or, l’interaction entre le sol et la vigne est un facteur majeur pour la qualité des raisins et donc du vin. La vigne a besoin d’une terre vivante pour développer ses racines et révéler les saveurs de la terre.

 

“Le patrimoine du vigneron, c’est son sol.”

 

 

Evolution et perspectives

 

Alors que le vignoble européen représente 60 % de la surface du vignoble mondial, plus de 80% de la viticulture biologique vient du vieux continent, où l’Espagne, l’Italie et la France se taillent la part du lion. Ces trois pays représentent ensemble près de 75% de la surface mondiale des vignobles bio.

 

Le plus grand vignoble biologique au monde est l’Espagne, avec plus de 100 000 ha cultivés en bio (10% de la surface de son vignoble). La tendance s’est accélérée ces dernières années grâce notamment au vignoble de la Castilla-la Mancha (50% des vignes sont bio) et aux grosses exploitations viticoles destinées à l’export.

Avec plus de 10% de son vignoble planté en bio (soit 85 000 hectares), l’Italie arrive en deuxième position. Les vignobles du sud (Sicile, Basilicate, Pouilles) ont été des précurseurs et comptent plus de 30% de vignes bio. La Toscane rattrape son retard (10%) et le Piémont est à la traîne (3%).

 

La France, premier producteur mondial de vins, n’est pas en  reste concernant la viticulture biologique : elle arrive 3ème sur le podium des producteurs mondiaux de vins bio, avec plus de 9% de la surface de son vignoble cultivé en bio (soit 70 000 hectares certifiés ou en conversion) – ce qui est bien supérieur à la moyenne nationale (5%), toute agriculture confondue. La viticulture est un peu considérée en France comme le fer de lance du bio.

Le vignoble bio français a triplé sur les 10 dernières années, avec une progression de 250% (!) entre 2007 et 2011, et une croissance bien plus modérée depuis (+ 15% sur les 5 dernières années), tant en terme de surfaces de vignes que du nombre d’exploitations bio (source: Agence Bio, 2017).

 

Quand on observe les évolutions par région viticole, on remarque que les vignobles les plus prestigieux sont ceux qui ont le plus de mal à sauter le pas vers le bio. La culture du changement est en effet moins forte dans le Bordelais (7% des vignes en bio) et en Bourgogne (8%). Plus élevés que dans les autres vignobles, les enjeux financiers y sont certainement pour quelque chose. La Champagne, notamment en raison du climat pluvieux qui y règne, se retrouve à la traîne avec seulement 1,3% de la surface plantée en viticulture biologique.

A l’inverse, les vignobles jouissant d’une renommée internationale moins forte ont tendance à mettre en avant le label bio. C’est le cas du vignoble provençal, dont 24% des vignes sont cultivées en bio. En terme de surface absolue, c’est le vignoble du Languedoc-Roussillon qui arrive largement en tête, avec plus de 25 000 hectares en bio (plus d’un tiers des surfaces bio en France !).

 

En Europe comme en France, ce sont les vignobles aux climats les plus chauds et secs qui sont les plus entreprenants en matière de bio !

 

Alsace

 

Situé au nord-est de la France (départements Bas-Rhin et Haut-Rhin), le vignoble d’Alsace (15 600 hectares classés en AOC) est planté sur des sols calcaire, schiste, granite et grès, et produit 70% de vins blancs secs et doux, 20% de vins mousseux et 10% de vins rouges.

Abrité des influences océaniques par le massif des Vosges qui lui assure l’une des pluviométries les plus faibles de France, il bénéficie d’un climat semi-continental ensoleillé et sec (idéal pour la viticulture bio !), favorisant le développement d’arômes complexes et la préservation d’une acidité mûre qui donne de la fraîcheur aux vins.

Les vins blancs d’Alsace proviennent principalement de mono-cépages, au caractère aromatique bien distinct : Pinot Gris (fruits jaunes, abricot), Riesling (pamplemousse, zestes d’agrumes, silex, hydrocarbures), Sylvaner (aubépine), Muscat (raisin, notes musquées) et Gewürztraminer (litchi, rose, pain d’épices).

Il n’existe qu’un seul cépage rouge en Alsace : le Pinot Noir. Cépage originaire de Bourgogne, peu coloré, il se situe dans le registre des petits fruits rouges, avec des notes de cassis et de framboise.

 

BIO : en Alsace, plus de 15% des surfaces du vignoble sont aujourd’hui engagées en viticulture biologique, chiffre en progrès constant (les spécialistes tablent sur une croissance annuelle à deux chiffres). Le nombre de viticulteurs bio a quintuplé sur les 10 dernières années, ce qui en fait la première (!) région française de production AOC en vin bio.

Bourgogne

 

Situé à l’est de la France et doté d’un climat semi-continental, le vignoble bourguignon comprend 30 000 hectares dont 25 000 classés en AOC, plantés sur des sols argilo-calcaires. Il se subdivise en cinq régions, du nord au sud : le Chablisien (département de l’Yonne), la Côte de Nuits et la Côte de Beaune (Côte d’Or), la Côte Chalonnaise et le Mâconnais (Saône et Loire). Il produit 60% de vins blancs secs, 30% de rouges et 10% de vins effervescents (Crémant).

Les blancs de Bourgogne proviennent presque exclusivement du Chardonnay (à 90%), cépage grandiose aux arômes de miel, noisette, brioche, beurre frais et d’amandes grillées. Donnant des vins riches et équilibrés, il est à l’origine des grands Montrachet, Puligny-Montrachet, Meursault… Mais il existe également un autre cépage : l’Aligoté (pomme verte, citron), qui donne un vin d’une telle vivacité qu’on le consomme souvent en mélange avec de la crème de cassis (le Kir) lors des apéritifs.

Les rouges de Bourgogne proviennent en grande majorité du Pinot Noir : maître absolu de la Bourgogne, ce cépage donne des vins d’une belle robe rouge pâle. On y décèle de la cerise, du cassis, de la griotte, des notes animales, de gibier et de cuir. C’est le duc de Bourgogne Philippe le Hardi (14ème siècle), qui a eu la bonne idée de faire cesser la plantation du Gamay en terre bourguignonne ! Parce qu’il trouva ce cépage « vil et déloyal », sa plantation fut remplacée par le Pinot Noir pour le plus grand bonheur des sujets de Bourgogne… et le Gamay fut alors replanté dans le Beaujolais.

BIO : 9% (ce qui équivaut à la moyenne nationale) des surfaces du vignoble sont aujourd’hui engagées (certifiées ou en conversion) en viticulture biologique (source : En magnum, juin 2016). Sur le plan géographique, c’est le Mâconnais (et dans une moindre mesure la Côte Chalonnaise) qui sont les chefs de file du bio en Bourgogne.

 

 

Loire

 

Le plus étendu de France, le vignoble du Val de Loire s’étend sur près d’un millier de kilomètres, il suit la Loire de sa source jusqu’à son estuaire : du Massif Central à Nantes. Doté d’un climat globalement tempéré (d’océanique à semi-continental) et d’une mosaïque de sols (argilo-calcaires, schisteux, sableux, crayeux, granitique…), il se caractérise par la richesse et la grande diversité de ses terroirs.

La taille du vignoble est de 70 000 hectares dont 50 000 classés en AOC. Il est délimité en quatre régions de production qui sont : le Pays nantais, l’Anjou, la Touraine et le Centre. La production de la région est de 45% de vins blancs secs et doux, 23% de rouges, 21% de rosés et 11% de vins mousseux.

Les blancs de Loire sont issus d’une dizaine de cépages, principalement du Chenin (pomme, pâte de coing, acacia, cannelle), cépage emblématique très utilisé en Touraine et dans l’Anjou, et du Sauvignon (bourgeon de cassis, pierre à fusil, herbe coupée), plutôt présent dans la région du Centre (Pouilly Fumé, Sancerre).

Les rouges du Val de Loire sont issus d’une dizaine de cépages, principalement du Cabernet Franc (poivron vert, violette), le cépage mythique de la région, du Cabernet Sauvignon (cassis, mûre, réglisse) et du Gamay (framboise, poivre).

 

BIO : environ 8% des surfaces du vignoble sont engagées en viticulture biologique (source : En magnum, juin 2016). A noter que ce chiffre de 8% est une moyenne sur toute la région, car il y a de fortes disparités entre les 4 zones de production, allant quelquefois du simple au double, ainsi en Touraine la viticulture bio représente plus de 16% !).

Lorsqu’on évoque le marché des vins bio dans la Loire, on ne peut évidemment oublier de mentionner l’importance de la BIODYNAMIE dans la région. La Loire en est de loin le leader incontesté en France (avec plus de 25% de part de marché, tant en nombre de domaines que d’hectares de vignes cultivés) – source: Biodyvin, novembre 2016.

Un vigneron biodynamique est d’abord un vigneron qui a la certification en viticulture biologique. Peu nombreux mais animés par une conviction forte, les biodynamistes vont plus loin que le label AB et s’efforcent de redonner à la plante et au sol un équilibre, une résistance et une vitalité déréglés par les traitements chimiques et répétés des sols et des végétaux. Pour cela, ils “dynamisent” la plante et son environnement (terre et air) en projetant à très petites doses des préparations issues de produits naturels (bouses de vache, cornes, silice, décoctions de plantes), afin d’optimiser l’expression du terroir dans les raisins et donc dans le vin.

Ces préparations sont administrées à la plante en fonction du cycle des astres et du calendrier lunaire. Ainsi, labourage et épandage – mais aussi certaines opérations de vinification : soutirage, filtration, mise en bouteilles… – ont lieu de préférence en phase de lune descendante, tandis que les vendanges se déroulent plutôt en phase ascendante. Les biodynamistes (qui sont en quelque sorte les pionniers de la viticulture bio)  revendiquent un bon sens ancestral, évoquent l’influence connue de la lune sur les marées et les hommes, une volonté de réduire les doses de soufre et de cuivre, un progrès gustatif, ainsi qu’une certaine philosophie de vie.

 

Vallée du Rhône

 

En suivant le Rhône, de Lyon à Avignon, on découvre l’un des plus anciens vignobles de France (qui donna autrefois un vin gallo-romain) et l’un de ses plus vastes (le second après Bordeaux en volume de production). La taille du vignoble est de 75 000 hectares classés en AOC. Sa production (près de 10% du vignoble français) se répartit comme suit : 79% de vins rouges, 14% de rosés et 7% de blancs secs.

Le vignoble Côtes du Rhône est partagé en 2 zones : la partie septentrionale au nord (de Vienne à Valence) et la partie méridionale au sud.

Les vignobles septentrionaux sont cultivés sur des coteaux escarpés surplombant la vallée, où un sol de granit prédomine.

Une toute autre configuration pour les vignobles méridionaux puisqu’ils sont cultivés dans la plaine ou sur de faibles reliefs, avec des sols très divers (principalement calcaire, argile, sable, cailloux roulés). Les vignes y bénéficient d’un climat de type tempéré-méditerranéen : ce climat chaud et sec ainsi que le Mistral conviennent particulièrement bien à un mode d’exploitation biologique.

Les vins blancs du Rhône proviennent essentiellement des cépages suivants : Viognier (pêche blanche, abricot), Roussanne (fleurs blanches), Marsanne (fleurs champêtres, noisette), et Grenache blanc (aneth, melon).

Les vins rouges du Rhône proviennent de nombreux cépages, dont les principaux sont les fameux “GSM” : Syrah (fruits noirs, réglisse), cépage unique des appellations emblématiques de la partie septentrionale des Côtes du Rhône (Côte Rôtie, Hermitage, Cornas…) ; Grenache (cerise noire, poivre, épices), cépage d’origine espagnole couvrant plus de la moitié de l’encépagement total du vignoble méridional, il est le cépage roi à Châteauneuf du Pape; Mourvèdre (fruits noirs, animal), d’origine catalane.

 

BIO : près de 11% des surfaces du vignoble sont engagées (certifiées ou en conversion) en viticulture biologique (source : En magnum, juin 2016). Sur le plan géographique, c’est de loin le Vaucluse (Châteauneuf du Pape, Gigondas, Vacqueyras) qui fait office de chef de file du bio dans la Vallée du Rhône.

 

Sud-Est

 

Sur la pointe sud de l’hexagone, le Languedoc – qui s’étend sur trois départements (l’Aude, le Gard et l’Hérault) – est le plus vaste  des vignobles de France, avec ses 200 000 hectares de vigne. Beaucoup de vins de table, certes, mais aussi de nombreux vins de qualité, dont les AOC rassemblent 36 000 hectares.

Le Roussillon (25 000 hectares, dont 20 000 en AOC) est aujourd’hui intégré à l’appellation régionale Languedoc. Il s’en distingue par sa culture car il est installé pour l’essentiel dans la partie française de la Catalogne, qui coïncide pratiquement avec le département des Pyrénées-Orientales. C’est le plus méridional des vignobles de France. Dans le monde des vins mutés (vins doux naturels), le Roussillon assure à lui seul 80% de la production française.

Bénéficiant d’un climat méditerranéen ensoleillé (aux hivers doux et aux étés chauds et secs), il est très propice à la pratique de la viticulture bio ! Les sols sont variés : argilo-calcaires, schisteux, gréseux, molassiques ou alluvionnaires, leur seul trait commun étant leur caractère caillouteux.

La production de la région est de 85% de vins rouges et vins doux naturels, 15% de vins blancs secs et doux.

Les vins blancs y sont issus de nombreux cépages : Bourboulenc, Clairette, Chardonnay, Chenin, Grenache blanc, Maccabeu, Malvoisie, Marsanne, Roussanne, Viognier, etc.

Les vins rouges y sont issus de cépages très variés, principalement le Grenache (cerise noire, poivre, épices), le Mourvèdre (fruits noirs), la Syrah (fruits noirs, réglisse), le Carignan (pruneau, mûre, cerise noire), et le Cinsault (framboise, fleurs blanches).

 

Appellations notoires: Corbières, Minervois, Faugères, Limoux (connu pour ses vins effervescents), Banyuls et Rivesaltes (vins doux naturels).

BIO : Premier vignoble de France en surfaces bio, il a quintuplé au cours des 10 dernières années, et compte aujourd’hui plus de 25 000 hectares certifiés bio ou en conversion (ce qui représente plus d’un tiers des surfaces bio de France), soit la superficie de toutes les AOC de Bourgogne.

 

Espagne

 

Bien que son développement soit plus récent qu’en France ou en Italie, la viticulture biologique en Espagne (premier vignoble au monde avec plus d’un million d’hectares) a connu une croissance phénoménale ces dernières années. Avec aujourd’hui plus de 100 000 hectares de vignobles convertis, l’Espagne est le plus gros producteur de vins bio au niveau mondial, dépassant l’Italie, longtemps leader. L’essentiel de la production bio espagnole est destinée à l’exportation.

C’est la région de Castilla-La Mancha (plateau central au sud de Madrid), le plus grand vignoble du monde (200 000 hectares) et poumon viticole du pays, qui domine la production nationale des vins bio. A côté de ses vins de consommation courante (issus pour la plupart du cépage blanc Airén, planté sur 75% de la surface du vignoble), on y trouve désormais des appellations encore méconnues, telles Valdepeñas ou Manchuela, donnant des vins rouges puissants produits à partir de cépages bien adaptés aux étés caniculaires de la région. Les Tempranillo, Cabernet-Sauvignon, Grenache, Mourvèdre, Bobal ou Syrah sont à l’origine des meilleurs vins rouges de Castilla-La Mancha.

 

Italie

 

Le vignoble italien (environ 800 000 hectares) se découpe en 4 grandes zones viticoles : la Frioul-Vénétie au no rd-ouest (dont l’Amarone est le vin emblématique), le Piémont au nord-est (où prédomine le Nebbiolo, cépage noir à maturité tardive, à l’origine des célèbres Barolo et Barbaresco), la Toscane au centre (dont le cépage phare est le San Giovese, à la base des incontournables Chianti et Brunello di Montalcino), et les Pouilles et la Sicile au sud (les deux premières régions productrices en volumes).

Avec plus de 10% de son vignoble planté en bio, la viticulture biologique italienne a longtemps été la plus importante dans le monde en termes de surface, aujourd’hui dépassée par l’Espagne.

On y trouve de grandes disparités géographiques, les régions du sud étant nettement plus bio que le Nord. En Sicile, dans la Basilicate et dans les Pouilles, plus de 30% des vignes sont certifiées ou en conversion, contre 10% en Toscane et seulement 3% dans le Piémont.

Certes, la viticulture bio est plus facile à mettre en œuvre sous les climats chauds et secs du sud de la péninsule, mais on peut aussi évoquer une autre raison : dans les régions qui jouissent d’une forte notoriété qualitative comme le Piémont ou la Vénétie, les producteurs n’ont pas besoin de valoriser leurs vins avec des certifications vertes, à l’inverse des régions du Sud, jusque-là plus connues pour la production de vins de coupage. Toutefois, la Toscane, terre de vins réputés, montre une volonté de produire des raisins plus verts.

 

Portugal

 

La vallée du Haut Douro, située dans le nord du Portugal et protégée des vents de l’Atlantique par une chaîne de montagnes, produit deux vins AOC : le Porto et le Douro (40 000 hectares de vignes plantées sur des sols de schiste). Dans cette région, la vigne est essentiellement exploitée par de petits producteurs possédant leur propre domaine, appelé quinta.

Peu en vogue au Portugal,  le vin bio est l’apanage de quelques familles qui se succèdent de génération en génération.

Le Portugal est le onzième producteur de vin au monde (220 000 hectares), malheureusement les producteurs de vin biologique y sont encore trop peu nombreux. On recense à ce jour environ 45 domaines biologiques portugais certifiés (à titre de comparaison, en France ils sont près de 5000.